Vous souffrez d’acouphènes ? Une nouvelle étude américaine suggère que certains antidépresseurs pourraient aggraver cette situation.
En France, près de 3,7 millions de personnes sont touchées par des acouphènes permanents. Ces bruits fantômes, souvent décrits comme des sifflements ou des bourdonnements, sont généralement perçus sans source sonore extérieure. Dans 95 % des cas, il s’agit d’acouphènes dits « subjectifs », souvent liés à des troubles de l’audition. Ils peuvent être causés par des traumatismes auditifs répétés, tels que l’écoute de musique à haut volume, ou par le vieillissement naturel de l’oreille à partir de 50 ans.
Le lien entre antidépresseurs et acouphènes
Selon une étude menée par des chercheurs de l’Oregon Health & Science University, certains antidépresseurs pourraient empirer les acouphènes subjectifs. Cette recherche, publiée dans la revue Cell Report, s’intéresse plus particulièrement aux inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), une classe de médicaments fréquemment prescrite pour traiter la dépression. Ces antidépresseurs augmentent les niveaux de sérotonine dans le cerveau, un neurotransmetteur impliqué dans la régulation de l’humeur, souvent en déficit chez les personnes dépressives.
Un effet contre-productif
Le problème réside dans le fait que ces antidépresseurs, en augmentant les niveaux de sérotonine, peuvent « exciter » les neurones du noyau cochléaire dorsal, une zone du cerveau directement liée à l’audition. En devenant hypersensibles, ces neurones peuvent réagir de manière excessive aux stimuli extérieurs, aggravant ainsi les acouphènes chez les patients.
Les chercheurs mettent en garde contre les effets contre-productifs que peuvent avoir ces médicaments sur les personnes souffrant d’acouphènes chroniques. En effet, une nuisance sonore constante peut renforcer le mal-être des patients dépressifs, et l’utilisation de certains antidépresseurs pourrait aggraver ces symptômes au lieu de les atténuer.
Que retenir ?
Si vous souffrez à la fois de dépression et d’acouphènes, il pourrait être pertinent de discuter de vos traitements avec un professionnel de santé. Les antidépresseurs de la famille des ISRS, bien qu’efficaces pour réguler l’humeur, pourraient avoir des effets indésirables sur vos acouphènes, rendant la gestion de ces bruits gênants encore plus difficile.